Quel âge pour le premier smartphone ? L’avis de la psy

Enfants et smartphone
Une question à laquelle aucun parent n’échappe : à quel âge votre mini bout pourra-t-il obtenir son smartphone ?

Tant qu’il s’agissait de gsm, ça allait. Mais avec la généralisation des smartphones, accepter d’en munir son enfant revient à le laisser surfer sur le web. Seul. Est-il prêt… et vous ? Avant de paniquer, on apprend à se connecter à son ressenti, dixit Carol Dequick, psychologue généraliste.

Pas facile que de se positionner en tant que parent face aux problématiques générées par l’avènement de la technologie. En gros, toutes les règles sont à inventer. Parmi celles qu’il faut créer, celle de l’âge requis pour le premier smartphone : réclamé à corps et à cris dès la fin des primaires par la majorité des enfants, pour beaucoup de parents, celui-ci s’apparente à l’indépendance numérique de leur progéniture. Concrètement, une étude d’Influence Centrale épinglait qu’en 2016 qu’en France, l’acquisition du premier smartphone se situe en moyenne à 10 ans ! Face à ce type de donnée, quelle position adopter : suivre la tendance, retarder le plus possible ou tout simplement refuser ? La psychologue Carol Dequick répond à nos questions.

A quel âge peut-on donner un smartphone à son enfant ? 

C. D. : Il  n’y a pas vraiment d’âge. Même si j’ai mon avis, je dirais que ma norme à moi c’est 12 ans en tant que parent. Parce que ça colle à mon système familial et mes besoins. Parce qu’à 12 ans ils sont en secondaires, les prises en charge après l’école sont différentes. Donc c’est intéressant qu’ils soient joignables.

Pour le reste, je trouve que c’est vraiment flagrant qu’à l’heure actuelle, les parents ont toujours besoin de savoir « à quel âge on fait ci, à quel âge on fait ça ». Et je suis marquée par ce qu’une pédiatre m’avait une fois dit : tout le temps lui demande en permanence des indications d’âge. Quand faut-il en finir avec la tutute, passer au pot etc. Finalement, je me dis que c’est une question de bon sens et de ressenti. Avant il y a avait une transmission familiale et désormais, on a perdu ça. Les parents ne se repèrent plus, ne se fient plus à leur feeling. Je renverrais d’abord à ça chaque parent. Après on peut les accompagner dans le questionnement et dire à partir de quel âge leur enfant va savoir en avoir une bonne gestion. Mais ça ça dépendra très fort de la personnalité d’un enfant à l’autre.

Si on leur octroie un smartphone, à quoi faut-il veiller ? 

C. D. : Ce qu’il faut avant-tout garder à l’oeil c’est de voir si l’enfant est toujours capable de faire autre chose qu’être cramponné à son téléphone. Au départ, je ne surveillerais même pas le temps qui passe ou ce qu’il en fait, mais par contre si j’estime que c’est trop et qu’il ne fait plus rien d’autre, alors à partir de là on peut estimer que cela pose un problème. Je fais toujours référence à nous, en tant qu’adulte, et à la façon dont on vit : parfois on se plante une après-midi devant la télé à regarder des trucs vides de sens, mais on en a besoin, ça nous fait du bien. Donc s’ils sont capables eux aussi d’avoir ces moments à eux, et parallèlement de pouvoir s’investir dans d’autres activités, c’est qu’on est dans le bon.

« Les parents ne se repèrent plus, ne se fient plus à leur feeling »

Y a-t-il des personnalités plus sensibles à tenir à l’oeil ? 

C. D. : Il faut sans doute être plus vigilant sur les enfants qui ont des tendances obsessionnelles ou les enfants qui vont au bout des choses. Dans ces cas, il faut rester attentif en tant que parent et  surtout bien prendre la peine de cadrer. D’autre part, veillez à toujours les inciter à faire autre chose, à avoir d’autres activités.

Tant qu’ils font du sport, leurs devoirs, que les points scolaires sont bons, qu’ils ont des contacts sociaux effectifs, je ne sais pas s’il y a une norme par âge, c’est une décision trop personnelle.

Que faire si la bande d’amis a un gsm et pas l’enfant ? On craque ?

C. D. : C’est intéressant et compliqué. Je me rends compte que les milieux familiaux et scolaires peuvent être des nids où l’on va commencer à développer des facteurs de risque en terme de burn out. Ce sont des systèmes où l’on ne se reconnecte plus à ce que l’on ressent, où l’on favorise l’humiliation. J’ai l’impression qu’en tant que parent, ces occasions sont des opportunités pour se demander ce que l’on veut comme cadre. On peut se poser la question des valeurs que l’on désire transmettre. J’essaierais de communiquer cette réflexion à mon enfant en lui expliquant : « OK, tous les autres enfants font ça, mais moi je pense ça autrement, voici pourquoi. Et toi, qu’est-ce que tu ressens ? » Cette démarche peut l’amener à développer un avis personnel qui diffère peut-être de celui des parents mais grâce auquel il peut tout de même trouver des arguments favorables auxquels se tenir. J’incite donc à ce qu’il puisse se positionner comme individu et non comme mouton qui va a priori suivre le troupeau. Mais ça c’est théorique !

 

 

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